November 30th, 2008

Et si on partageait une voiture ?

Posted in Europe, Transportation by Clotilde Minster

Vers des villes sans congestion ?

Vers des villes sans congestion routière ?

Au cours de mon séjour en Allemagne, j’ai pu découvrir un mode de partage des voitures assez confidentiel (tout du moins pour l’Europe): le car-sharing (ou “carsharing”, ou encore “autopartage”). Le “carsharing” n’a rien à voir avec le covoiturage qui est encouragé depuis quelques années dans la plupart des pays européens. Le principe est simple (et est généralement le même dans tous les pays): les utilisateurs payent un abonnement mensuel ou annuel, prix auquel s’ajoute ensuite le coût de la location (à l’heure) du véhicule. Plusieurs types de véhicules sont proposés afin de s’adapter aux besoins de tous les utilisateurs : voitures citadines pour les célibataires, voitures break pour les familles, … Le client doit simplement prévenir (par Internet ou par téléphone, pas forcément à l’avance) qu’il souhaite utiliser tel type de véhicule à telle heure et le véhicule est mis à sa disposition pour la durée qu’il souhaite.

Le car-sharing est présenté comme un moyen presque révolutionnaire de résoudre les problèmes des automobilistes. Les arguments de vente, qui sont les mêmes dans tous les pays, visent les citadins. Le principal argument de vente invoque le coût horaire de l’utilisation d’une voiture : la possession d’un véhicule particulier implique notamment des frais d’assurance, d’entretien et de parking. Les sociétés de carsharing règlent ces problèmes en proposant des voitures “prêtes à rouler” et des places de parking réservées aux clients. En outre, les entreprises se vantent de ne faire payer une voiture qu’en fonction de l’utilisation que les clients en ont : il faut compter 10€ pour 4 heures de location en journée d’une voiture de type “Mini”. Ce système de location très flexible est présenté comme étant très avantageux pour les personnes qui ne conduisent pas quotidiennement et donc, pour qui, le coût de revient annuel d’un véhicule particulier est très élevé en regard des usages qui en est fait. L’argument écologique est également avancé par les entrepreneurs qui voient dans le “carsharing” un moyen de diminuer la flotte des véhicules particuliers en milieu urbain, et ainsi, la congestion routière.

En 1997, une étude de l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) réalisée pour le compte de la mairie de Paris avait mis en évidence que 60% de la population parisienne ne connaissait pas l’autopartage et que 28% de la population le confondait avec le covoiturage. A l’heure actuelle, le carsharing recontre un succès assez important en Allemagne. On peut distinguer deux types d’utilisateurs :

- ceux qui ont vendu leurs véhicules personnels au profit du carsharing. Il peut s’agir de personnes célibataires, mais aussi, plus étonnant, de couples avec enfants. Ceux-ci sont sensibles aux deux arguments, financier et environnemental ;
- ceux qui n’ont pas de voiture mais qui possèdent le permis de conduire. Le confort de la voiture les attire, ils délaissent donc les transports en commun ou les moyens de transport “doux” (marche, bicyclette, …).

Cette dernière catégorie d’utilisateurs soulève des questions, auxquelles il convient de répondre avant de lancer, quel que soit le pays ou la ville concerné, une politique publique qui encouragerait le carsharing. L’économie de Co2 est l’argument le plus souvent avancé pour “vendre” le concept de carsharing… Quid si l’apparition de cette offre entraîne un report modal, négatif dans une perspective environnementale ? Si l’attrait pour la voiture (et les éléments de valorisation sociale auquelle elle est associée) demeure malgré l’augmentation du pétrole, faut-il pour autant céder aux sirènes de la “voiture pour tous” ? Moins rentable sur le plan politique mais sûrement plus efficace sur le plan environnemental, n’est-il pas préférable d’adapter l’offre de transports en commun à la population ? A en croire les évolutions actuelles de l’offre de “carsharing”, et malgré les inconvénients qu’un véhicule partagé présente, le temps de l’automobile n’est pas révolu…


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2 comments

  1. Zvi says:

    Clotilde,

    Au Quebec, on a Communauto qui offre cette service depuis des annees. Ils ont meme des tariffs avantegeux auto+bus qui comble une carte mensuel de transport un commun avec l’abonnement a Communauto. J’espere que notre nouveau systeme Bixi (velo partage comme Velib) aura ce genre de cooperation avec eux. Leur site-web a un section pour en savoir plus sur l’histoire du concept de l’auto-partage: .

    December 1st, 2008 at 11:04 pm

  2. Cogitamundo Blog says:

    Bonjour, je suis au Brésil et je voudrais vous inviter à participer à un projet intitulé Fenêtres sur le Monde. L’idée est de montrer que le paysage change, mais le monde est le même. Visite http://windowstotheworld.wordpress.com et, si vous le souhaitez, envoyer une photo à janelasblog@gmail.com. La photo doit être pris par une fenêtre.

    December 5th, 2008 at 7:36 am