Gargoyles, Horny PhDs & Spoiled Newspapers: an Afternoon at McGill

Ce mois de mars. Incroyable par sa fraicheur, déroutant par sa chaleur inopinée. Frébilité perceptible. Émotions intenses.

Je parcours le campus de l’Université McGill, en plein coeur du centre des affaires de Montréal, à la recherche d’une place apaisante où lire ce journal pris à la course aux portes du métro. J’adore ces petits endroits, le jardin généreux,  où il est possible de se promener sans empressement, avec pour seul objectif la détente et l’évasion.

McGill est un Éden, downtown Montreal, comprimé entre les tours cristallines des avenues et les broussailles en pente du Mont-Royal. Architecture variée. Élégance victorienne. Châtelets aux tourelles inusitées. La visite de l’université me donne toujours un petit frisson nostalgique, le regard en balade sur cette grisaille burinée d’abondantes formes fantaisistes.

Jeunes en rut. Ethnies au garde-à-vous. Le printemps s’annonce précoce, les regards sont alertes. Je me retire de la foule compacte et repère une place mi-ombre, d’où il est facilement possible de jouir de la scène agitée tout en respectant mon rôle de spectateur.

Muses, qui s’offrent, presque fiévreuses, à la délicatesse de mon sourire. Photographies instantanées. Écriture apyrétique. Charnue.

DCorbeil | McGill’s gates, Montreal 2010

Journal Métro, édition du 12 mars.

Quelques articles banals. Des nouvelles écrites à la hâte : cette revue superficielle de la vie qui prend à peine le pouls de cette société sans soubresaut.

La douce vie montréalaise, immuable, ponctuée par ces quelques décisions politiques sans conséquence, un show-business de cul-terreux et par des débilités désopilantes qui sont regroupées dans la section des fraits-divers. La bêtise humaine, qui parvient à toute société atteignant un point d’évolution rétrograde et ou les vrais problèmes ne sont pas suffisamment distrayants pour être écrits et diffusés.

J’accroche pourtant, lisant par la diagonale, sur cet article.

Le titre, à lui seul, me donne froid dans le dos.

La Banlieue. Laval. L’auteur en fait l’éloge. Je le cite, à voix haute, sis au coeur du campus de McGill, pour me convaincre que je ne rêve pas et que ce texte est bel et bien écrit, avec toute sa banalité et son non-sens.

Pour les jeunes travailleurs urbains, acheter une maison en territoire montréalais relève souvent plus de l’utopie que de la réalité, surtout lorsqu’il est question d’argent. Mais il existe une solution pour ces professionnels urbains : devenir banlieusards.”

Palpitation. Désappointement. Et pourquoi donc devrions-nous nécessairement vivre dans une maison. Depuis quand l’humanité doit-elle être confinée dans ces espaces isolés, égoïstement construits sur des lopins de terre cultivables, et destitués de tous sens civique.

Je jette un regard circulaire autour de moi. Le paradis au pied de la montagne. Paris, Rome, Lisbonne ou Laval ?

“Parfois moins prisée que la grande ville par les professionnels, la banlieue lavalloise propose toutefois une solution de rechange intéressante à une situation financière modeste.

Et cette jolie demeure de Fabreville, située à Laval, le prouve bien. Habitée par un couple de jeunes travailleurs dans la vingtaine, cette petite bicoque permet à ses propriétaires de vivre dans un endroit paisible, sans être trop loin de la vie professionnelle urbaine. «On aime le fait d’avoir notre espace à nous, notre cour et notre place de stationnement, tout en étant situés près de toutes les commodités»

Un terrain gazonné. Une cabane en aluminium. Un parking lot. Quoi demander de plus, à cette vie. Société aux illusions brisées, à la dérive de la réalité humaine. Peuple aveugle quant à l’injustifiable mode de vie qu’il idéalise.

Une photo de la dite bicoque nous présente un bungalow minable, sans style, d’une architecture navrante d’absurdité. Quatre murs, un toit en triangle. Un driveway grisâtre et une clôture Frost blanche. Un bambin malvoyant et légèrement débile en gribouille des semblables, la bave aux lèvres.

Le soleil commence à basculer derrière le mont tricorne. Ciel qui se déploie d’une lumière bleutée. Intense. La nuit tombe, l’agitation s’accompagne d’une brise douce et avenante.

Je me débarrasse du journal au premier point de recyclage, le regard vers les tours miroitantes de l’avenue McGill College. Pour ma part, Montréal m’attend…

Notes

Article en référence daté du 9 octobre 2008.

Documentaire suggéré

The end of Suburbia : Oil Depletion and the Collapse of The American Dream

U.S.A. 2004

www.endofsuburbia.com


This entry was written by Daniel Corbeil , posted on Thursday March 25 2010at 10:03 am , filed under Architecture, Canada, Society and Culture and tagged , , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

Comments are closed.