Oranges, Fish and Fat Cats at Jean-Talon Market

DCorbei | Le marché du Nord, Montréal (2009)

Dès le petit matin, on traine et on blasphème : Marché Jean-Talon, le sourire éveillé par un soleil ardent. C’est déjà l’été : les fruits sont brûlants, alors que le minuscule café des Quatres Vents s’éveille d’une complaisance matinale.

Le vélo sous le bras, je défile sous les arcades. Le saumon parfume les allées rectilignes de ses exhalaisons chantoyantes. Les oranges déversent, d’un flot sans interruption, une effluve de la passionnante Méditerranée. Sicile de février: souvenir d’orangers et d’amandiers en fleurs.

Quatre coups du lourd mécanisme de ma bécane : allée des déchets, d’où les relents d’urine me perturbent, souvenir d’une nuit peuplée de quelques matous de ruelles récemment engraissés de nos immondices encore comestibles.

Serres, aux plantes verdoyantes et fleuries. Boulangerie, chocolaterie, fromagerie. Une autre poissonnerie. Les employés s’agîtent et s’affairent à nettoyer la place : la journée peut commencer.

Mille millions de visiteurs : ça sent la négoce.

21h47. Le dernier client se sauve. On couvre les denrées. On claque les portes. On tire le char et les boeufs.

C’est que les matous arriveront bien vite…

This entry was written by Daniel Corbeil , posted on Thursday May 27 2010at 03:05 pm , filed under Canada, Fiction, Public Space and tagged , , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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