Montreal to Paris: Fog, Strikes, and Salmon

Montreal, suite 747

Le voyage commence à l’embarquement dans ce bus déjà trop plein – suite 747 – qui nous débarquera à l’aéroport P.E.T.

Et si ce même voyage commencait déjà, par ce chemin, au travers du centre des affaires montréalais – vaste esplanade commerciale – et qui nous dépose au pied de Marie-Reine du Monde. Notre cathédrale. Celle qui nous fait déjà rêver de Roma, de San Pietro au crépuscule. La vie, la bousculade. Le mouvement. Un espresso sur fond de paysage enflammé.

Aussi on embarque dans ce bus – franchement trop plein – et on défile au travers de Montréal, en glissant la pente vers les faubourgs du Sud-Ouest. On croise rapidement le marché Atwater, qui nous transporte jusqu’à la Méditérannée, et puis on suit la longue et paresseuse coulée du canal de Lachine. Des murs aux briques rouges, avec en arrière-plan, le Mont-Royal : arqué et coloré, en cette saison où l’automne ronge rapidement les arbres, les préparant pour ces trois longs mois d’hivers. On a un peu froid : cette carte postale nous donne le vertige, avec un certain de degré de romantisme. L’appel à l’infinie.

Ce voyage promet d’être décisif.

Paris-Est!

Débarquement éclair sur Paris.

La grève s’est répandue comme une mauvaise grippe, dans cette France qui se laisse croire agonisante. Comme toujours, ce sont les plus faibles – étudiants, chômeurs et travailleurs émigrés – qui doivent payer pour les conséquences des arrêts des transports collectifs et des trains : croyez-vous vraiment que l’élite, à l’image de son président Sarkozy, voyage en RER?

N’étant pas là pour prendre part au conflit, je me dépêche de repérer le seul train pour Paris qui est offert à cette heure matinale : la traversé longue et abrutie de la banlieue nord, perdu entre les quais défraichis – parfois s’approchant dangereusement du bidonville – et les bâtiments immenses du Stade de France. Avec ce brouillard épais, les environs de Paris donnent un frisson dans le dos, et j’anticipe déjà un malaise pour les premiers arrivants – touristes transis, immigrants surpris – par le détail macabre de ce faubourg, qui semble aller si mal…

Le train nous éjecte à la Gare du Nord, qui est anormalement calme : la majorité des trains sont annulés, pour cette deuxième journée.

Je traverse la ville, aux travers des boulevards denses, empruntant lorsque je le peux les allées étroites du nord de Paris. Au croisement du marché de la Saint-Quentin, j’en profite pour m’approvisionner en saumon et en fromage frais. À cinq euros la tranche, ce poisson devra me régaler!

Quartier de viande, Paris

Je profite d’une pause pour prendre un café au lait, qui est incroyablement mauvais et qui goûte la poudre synthétique: Paris n’a pas changée!

Un moment plus tard, je suis surpris de trouver la Gare de l’Est métamorphosée en gallerie commerciale. Le résultat est magnifique, alors que la place publique ainsi créée promet d’aider à requalifier le quartier.

Paris va de l’avant!

Moi aussi, car dans ce TGV allemand j’embaque. Prochain arrêt : Frankfurt. Ensuite viendront Weimar, puis Jena.

Si tout va bien, je serai arrivé vers 21h, après 30 heures de voyagement…

This entry was written by Daniel Corbeil , posted on Friday October 15 2010at 03:10 pm , filed under Canada, Europe, Food, Politics, Transportation and tagged , , , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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