Il Caffè della solitudine: Montreal, Mile End

Parmi vous, Mile End, Montreal

Un matin de novembre, je suis seul, et pourtant je suis ici, assis, sur la bordure de la fenêtre de ce caffè.

À entendre la rumeur matinale du quartier qui s’éveille, de ces conversations croisées qui m’entourent, qui me surplombent, qui dominent la tendresse de ma tranquillité.

À épier ces passants gelés et transis, qui traversent cette rue d’Est en Ouest, alors que ces voitures filent à toute allure, se dirigeant vers un travail obligé.

Car aujourd’hui je n’avais rien à faire, et que je n’avais pas le désir d’être seul, chez moi, par un matin si froid mais si ensoleillée. Un milieu d’automne coloré, aux arbres resplendissants, caressés par ce jaune soleil, surprenant et lumineux, en ce matin de novembre glacé.

Je traîne avec moi ces livres qui m’isolent des gens qui sont autour de moi. Je suis bien seul, et pourtant, j’ai l’impression d’être en famille. Et cette famille, qui me couvre, composée de visages inconnus, ou parfois aperçus en vitesse, au détour d’une rue, ou d’une allée.

Dans la vie des intellectuelles, le Café joue un rôle en permettant de se sentir en société. Et pourtant, la plupart des gens comme moi, amoureux de la solitude, ne peuvent évoluer en fraternité.

On s’entoure d’inconnus, pour se donner l’impression d’être écouté, complété. Et on réfléchie à nous même, se détendant au goût et à l’arôme d’un café.

Je ferme les yeux.

J’abandonne mon sourire aux caresses du soleil. Un instant d’éternité.

This entry was written by Daniel Corbeil , posted on Wednesday November 03 2010at 11:11 am , filed under Canada, Fiction, Society and Culture and tagged , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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