Porte ouverte vers le froid

Porte ouverte vers le froid, Outremont

C’est l’hivers, dans un Montréal de vent et de glace. Les fenêtres qui craquent, les portes qui claquent.

D’un souffle brusque, les carreaux qui vascillent maladroitement, menaçant d’éclater. Et par bourrasque, cette folle poudrerie qui vient s’agglutiner sur ma terrasse, au troisième niveau d’une sombre demeure outremontoise.

On attend que le ciel termine sa colère et puis, lorsque le calme renaît, j’ouvre lentement cette vieille porte qui me protège de toi.

Je te retrouve, jouant dans la neige, comme à tes six ans. Une boule de glace et quelques branches qui fouettent le ciel, et voilà un maladroit bonhomme, qui demain se dispersera. Comme une poupée qui prend le large, dans cette barque au large mat.

Et je t’entend crier, dans cet infini destin. Bruit sourd de tes pensées lourdes, enterrées par cet hivers qui efface les rires, comme ces pas dans la neige, et ces sourires dans la nuit.

C’est ainsi que l’hivers t’a vu partir, vers un destin qu’on ne connait pas.

Le passant et la neige, Outremont

La porte de mon balcon se ferme doucement, sur ce froid qui me pénétrait, m’en protégeant.

Le bus passe dans cette nuit qui tombe tout bas. Ce passant qui marche, la douce neige qui enterre ses pas.

Un flocon de soie se pose sur mon nez, alors que tu pensais si fort à moi..

This entry was written by Daniel Corbeil , posted on Monday February 14 2011at 12:02 am , filed under Canada, Fiction and tagged , , , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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