Morning Coffee: Caffè Portofino, Roma

Via Cola di Rienzo, Roma, iPhone snapshot, Octobre 2011

Il me semble que rien ne frappe d’aplomb comme le soleil et la vitalité romaine. Et spécialement au départ de Paris, ville qui se cherche une définition, alternant entre la bourgeoise snobinarde et faussement moderne et la bohème pathétique et incohérente, formant une armée de poètes et penseurs qui, cigarette appuyée mollement au bec, s’attaquent farouchement à un système capitaliste que pourtant ils façonnent eux-mêmes et encouragent à chaque instant de leur vie. L’esprit de contradiction !

Je suis arrivé sur Roma ce matin, après une nuit folle passée à errer entre la colère et l’épuisement. Hier, un contrôleur français s’est fait attaqué près de Dijon. Cet horrible évènement – ce qui semblerait complètement farfelue en Amérique – poussa l’ensemble des contrôleurs à user – abusivement il me semble – de leur droit de retrait, faisant des centaines de milliers d’otages – ces clients dont j’étais – prient sur les quais bétonnés de Paris. Et laissez-moi vous dire que de trouver un avion à la dernière minute n’est ni facile ni agréable dans cette cité où l’internet ne se trouve pas à chaque coin de rue, comme à New York ou Montréal.

C’est avec le souvenir – et force de croire quelques courbatures – de la nuit passée justement entre deux fauteuils à l’aéroport d’Orly, que je savoure ce caffè si mérité à la terrasse de ce bar d’une grande via du quartier où j’habite l’instant précieux d’un moment.

Je loge pour le mois sur les rives du Tevere, dans un district dont j’ignore encore le nom mais que je sais être à un jet de pierre de San Pietro. Ici ce soir, il me semble effectivement que rien ne frappe plus puissamment que la vie romaine – fière ville de la république, cité méditerranéenne. Et les édifices, dégradés dans les tons de pourpre, jaune ou rouge, ont fières allures dans leurs habillements classiques si typiques de la fin du 19e siècle, ceinturant des rues droites qui se jettent tantôt dans un bras du fleuve, tantôt buttent sur une des falaises arborées de la cité aux sept collines.

Et même si je connais déjà si bien Roma, pour avoir vécu dans ce pays que je considère le mien, je suis toujours surpris de la force avec laquelle un simple regard vers ce paysage de sourires et de complicité, je retrouve vie et espoir.

Une gorgée de ce caffè très amère. Les yeux rivés sur la foule qui joue au charme et à la plaisance.

Il me semble que toujours Roma l’éternelle m’avait attendue, comme un poème glisse dans le vent d’automne jusqu’à ce qu’il trouve sa plume.

This entry was written by Daniel Corbeil , posted on Friday October 07 2011at 01:10 pm , filed under Europe and tagged , , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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