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February 24th, 2012

Chronique d’un court séjour au Portugal, sur fond de crise économique…
C’est dimanche, mi-février 2012. Comme les quelques touristes perdus dans une Lisbonne hivernale, je profite de la journée pour aller visiter Belem et son fameux monastère. Débarquant à la station Cais-do-Sodré, je découvre cette marée humaine qui domine les rues, les monuments, les rails. Impossible de parvenir à Belem, et j’en profite pour faire le tour de cette scène et essayer de comprendre ce qui se passe.
C’est que les lisboètes, comme biens d’autres, ont un ras le bol des mesures d’austérité décrétées par le nouveau gouvernement en place. C’est vrai que depuis ma dernière visite, début 2006, les prix ont explosé. Certainement, une taxe de 23 % sur la restauration n’aide en rien et nombre de petits bistros n’arrivent tout simplement plus à survivre.
Malgré tout, c’est dans une ambiance bon enfant et dans le plus sincère respect que plus de 100 000 portugais sont descendus dans les rues de la Baixa, cet ancien quartier commercial dessiné par Pombal suite à 1755, et emplis la très vaste place du commerce, en front de “mer”.

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October 31st, 2011


If you walk through San Lorenzo, currently one of Rome’s most “trendy” neighborhoods (even if it’s also said to be “underground”) you will probably come upon this very old wall while jumping off of Tram no. 19.

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October 16th, 2011

Erasmus, Giardino degli aranci, Roma
Les matins se succèdent à un rythme soutenu et déjà depuis une semaine je suis ici sans pouvoir prétendre comprendre ni saisir l’essentiel d’une ville tentaculaire. J’ai parcouru, à la marche, en métro, en tram, en voiture et en bus ces milliers de kilomètres de rues parfois monumentales, parfois disparates, sans trouver le fil conducteur d’une cité devenue immense par son histoire plusieurs fois millénaire.
Et toujours, le véritable essence de Rome se défile alors que je pensais la saisir, pointer le réel, stabiliser une lecture de cette métropole folle et amoureuse. Et pourtant les adjectifs se multiplies : Rome l’éternelle, la ville aux milles églises, la cité antique autour d’une chaotique mégapole du 21e siècle. Le beau, le laid. La ruine d’Auguste, le fascisme de Mussolini, l’avenir présenté par Odile Decq.
Et rien n’est jamais vrai ni si juste dans mes mots que le portrait que je dresse de Rome est balayé par le vent de la mer.
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October 9th, 2011

Renato Guttuso, Spiaggia, 1955-1956
J’embarquai dès le matin dans ce fantasme au bord de la Mer de Rome et qui traine toujours avec moi, comme un paysage qui me harcèle.
Ce n’est qu’un paysage, une carte postale tragiquement exotique – et qui me fit revenir en mémoire avec force l’oeuvre Spiaggia de Guttuso, le peintre sicilien mort à Rome. Seulement un panorama, de ruines et de routes ceinturées par ces pins parasols, et qui, tel les bras du Tibre, se jettent dans la mer azure qui borde la cité de Rome et son antique port d’Ostia.
On commence par prendre ce train, à la Basilique San Paolo, et qui nous mène au travers des banlieues pavillonnaires jusqu’à ces paysages de la campagne romaine. Nous ne sommes pas encore à la mer, que déjà nous accroche le Quartier Euro et où le souvenir du fascisme nous domine et crée cette étrange amertume d’une époque que pourtant je n’ai pas connu, mais qui me fascine comme tout architecte cherche à comprendre cet homme nouveau que le modernisme souhaitait façonner. La Rome nouvelle et le romain moderne imaginés par Mussolini. Cet échec d’une recherche de la perfection, idéologique.
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October 7th, 2011
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Daniel Corbeil

Via Cola di Rienzo, Roma, iPhone snapshot, Octobre 2011
Il me semble que rien ne frappe d’aplomb comme le soleil et la vitalité romaine. Et spécialement au départ de Paris, ville qui se cherche une définition, alternant entre la bourgeoise snobinarde et faussement moderne et la bohème pathétique et incohérente, formant une armée de poètes et penseurs qui, cigarette appuyée mollement au bec, s’attaquent farouchement à un système capitaliste que pourtant ils façonnent eux-mêmes et encouragent à chaque instant de leur vie. L’esprit de contradiction !
Je suis arrivé sur Roma ce matin, après une nuit folle passée à errer entre la colère et l’épuisement. Hier, un contrôleur français s’est fait attaqué près de Dijon. Cet horrible évènement – ce qui semblerait complètement farfelue en Amérique – poussa l’ensemble des contrôleurs à user – abusivement il me semble – de leur droit de retrait, faisant des centaines de milliers d’otages – ces clients dont j’étais – prient sur les quais bétonnés de Paris. Et laissez-moi vous dire que de trouver un avion à la dernière minute n’est ni facile ni agréable dans cette cité où l’internet ne se trouve pas à chaque coin de rue, comme à New York ou Montréal.
C’est avec le souvenir – et force de croire quelques courbatures – de la nuit passée justement entre deux fauteuils à l’aéroport d’Orly, que je savoure ce caffè si mérité à la terrasse de ce bar d’une grande via du quartier où j’habite l’instant précieux d’un moment.
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September 29th, 2011

Alors que les débats sont parfois lourds dans l’administration municipale lorsque vient le moment de voter des budgets d’aménagement, l’on constate qu’en quelques années, Montréal a réussi à altérer l’image de plusieurs de ses rues commerciales avec des idées simples et peu dispendieuses.
Après avoir passé les derniers mois à débattre et à préparer des projets de réaménagement de l’espace urbain et des rues de Montréal, nous avons constaté que trois éléments ont eu un impact réel sur la qualité de nos rues, à savoir l’implantation de terrasses sur les trottoirs (qui créées des milieux de vie animés), la multiplication des plantes et autres éléments de végétalisation de l’emprise (la plupart des éléments étant temporaires et versatiles) ainsi que le changement culturel chez les montréalais, à savoir le raisonnement selon lequel désormais on ne peut plus accepter que la rue soit un simple axe de circulation des biens et personnes.
Ici quelques exemples de la rue Dante, qui semble désormais un petit jardin en pleine ville et où les terrasses et plantes rappellent finalement la douceur de la Méditerranée…
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April 18th, 2011
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Daniel Corbeil

Roma

Barcelona

Madrid
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April 10th, 2011

Vie di Ortigia, Siracusa
Après mon passage à San Giovanni alle Catacombe, j’explore la zone, repère quelques commerces où je peux faire mes courses. Et puis je m’arrête dans un bar, histoire d’apprécier un caffè en ce milieu d’après-midi chargé par la chaleur. Il n’est pas difficile de trouver une bonne place, un bistro pointant à chaque vingt mètres. Avec la densité des tours, des milliers de gens doivent bien vivre ici, à Neapolis.
D’ailleurs, alors que je m’apprête à reprendre la route, le brouhaha des voitures, des passants et des criards se fait sentir avec intensité. C’est vrai que la pause du déjeuner vient de terminer et que chacun se retrouve dans son va-et-vient routinier et nonchalant. Sauf moi, qui n’a certainement pas le plaisir d’obéir à une routine, de respecter un horaire. D’avoir ne serait-ce qu’une raison pour me mouvoir.
Je décide malgré tout de descendre enfin vers la vieille ville. Tout d’abords, je me trouve à traverser ces quartiers toujours aussi denses, mais dont les maisons s’écrasent de plus en plus, parfois n’ayant qu’un seul étage. À l’occasion, elles ressemblent presque à des entrepôts, tant leurs façades sont minimalistes, si ce n’était d’une frise élégante ou d’une porte légèrement ouvragée. Un baroque pour les pauvres, j’imagine.
Et puis soudainement la ville reprend sa forme monumentale, à Umbertina, et on devine une époque où ces rues étaient plus chics, plus roses. Comme une longue prose, dont la beauté éternelle est assourdie par le passage du temps. Et puis, ces couleurs, lavées par il me semble par une pluie forte et longue, au travers des trois derniers siècles. Puisque Siracusa fêtera bientôt ses trois millénaires d’histoire, ces ilots de vieillesse n’en sont pourtant qu’un témoignage récent.
Voilà ce pont à franchir : de l’autre côté, se découvre enfin Ortigia.
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April 5th, 2011

Jean-Talon Station’s southwest exit in 2010

Rendering by MileEnd Design
The southwest exit of Montreal’s Jean-Talon metro station — a small but interesting specimen of contemporary architecture — is situated along Jean-Talon Street, at the end of a huge parking lot and between some commercial strips in need of renovation. In that situation, we can hardly tell the difference between the street itself and the parking lot; the sidewalks are invisible.
And yet this is the main exit one uses to reach Jean-Talon Market, one of the most famous landmarks in midtown Montreal. And the area’s density means that Jean-Talon is also a street often densely packed with commuters.
As part of a design exercise, we’ve been thinking about how we could transform this area without investing a significant amount of important resources, and in what way this could be done in the short term.
The simple solution we provide here is an outdoor café and terrace, where people could simply stop by for a drink or have something on their way to the office. The design of the public space suggested, using trees, plants and some furniture, helps structure the street itself. It is, as you can see, a basic concept that we prepared quickly to use as an example.
In light of this solution, do you think Montreal — or other cities — ought to invest resources in some similarly simple transformations ? Could our quality of life be significantly upgraded by little more than such simple urban design?
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March 23rd, 2011

J’apprend que j’ai atteint, au crépuscule de cette épuisante journée à longer le fleuve Anapo et cette route qui serpente à ses côtés, la cité de Belvedere, qui culmine au sommet d’une colline et dévoile un large panorama de la Sicile orientale. Déjà, le cours d’eau historique disparait au loin vers le rivage, devenant par moment une simple coulée puis un large ruisseau, pour finalement se jeter dans la mer, non sans offrir aux yeux des riverains le spectacle des plants de papyrus, les derniers d’Europe dit-on par ici.
Et puis cet îlot que je vois à la limite de mon horizon, assis sur une mer azure, est bel et bien Ortigia, coeur historique de Siracusa, où j’ai l’espoir de trouver un débouché à ma situation si précaire.
Je cherche désespérément où passer cette nuit à venir, tant mes jambes me font mal.

Il y a ce bar, à la sortie de la cité, dans lequel j’entre et consomme sobrement un petit café amer dilué par une mousse épaisse. Il est un peu passé vingt heures et l’unique autre client est un vieillard mal habillé, au pentalon taché de rouille. Un fermier. Le barrista, petit et gros, me dévisage un peu en épongant le petit comptoir de bois. Je suis arrivé dans un village de fous furieux. Cette nuit, on me prendra vraisemblablement par le califourchon, on me goudonnera et puis on me plumera avec des restes de poulets.
Amer, je reprend chemin le long de la via Siracusa et après une vingtaine de minutes, je prend une traverse et bute sur une colline où s’étire la forme d’une vieille forteresse, qui semble antique. Une espèce de château, d’où partent des murs de pierres en direction de la mer. L’affiche informative annonce le Castello Eurialo.
C’est à l’abri de ces ruines que je décide de passer la nuit.
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March 16th, 2011

Vista di Carlentini con l’Etna
Je suis assis maladroitement dans ce lourd camion et rigole avec Alessandro qui a eu très peur de m’aplatir. Du haut de son corps gigantesque et large, il impose sa présence comme un orage en été. D’ailleurs, son rire grave me rappel le tonnerre.
Derrière nous, une cargaison composée de caisses d’oranges de Lentini. Alessandro est livreur, camionneur, et travail fièrement à son propre profit. Depuis des générations, sa famille entretient une campagne sur les collines lentinoises : son grand- père a même participer aux fouilles archéologiques des années 1950, gardant pour lui quelques trouvailles antiques. Rien ne m’étonne, chaque famille sicilienne semblant conserver des morceaux de la Mania Grecia, la Grande Grèce, aux cotés d’une pierre volcanique de l’Etna, tout en cuisinant des plats d’inspiration arabo-normands et s’offrant l’exubérance d’une décoration baroque.
Le cocktail sicilien.
Il me propose de me déposer à Sortino, sa prochaine étape. Si je lui donne un coup de main, il me paiera volontiers. Aussi, si je le souhaite, je peux l’accompagner jusqu’à Palazzolo Acreide, Buscemi ou Scicli, prochaines étapes de sa distribution. Toutes des villes dont j’ignore la localisation, le propos et les attraits.
Alessandro est un homme curieux et qui s’informe sur mes origines et ce qu’il nomme le style de vie nordique. D’ailleurs, il démontre une grande ouverture d’esprit et m’explique fièrement qu’il a une tante à Toronto et une autre à New York. Les siciliens sont partout.
Nous empruntons un chemin tortueux, comme toutes les routes qui serpentent autour de Lentini. Bientôt, la ville n’est plus qu’un vague souvenir où flotte le parfum des agrumes. Partout ces sommets rocheux où poussent des parcelles de vie, des fleurs dans la pierre. Les campagnes et les fermes se distribuent largement aux pieds et sur le corps de ces parois massives. Ici et là, des maisons en ruine, abandonnées ainsi, parfois intactes comme si leurs occupants venaient à peine de disparaitre.
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March 10th, 2011

Traversant Lentini pour une dernière fois, je constate à quel point elle peut être un mélange explosif où les contraires se voisinent et se méprisent. Quelques constructions d’allure moderne au milieu d’une foret de pierres, en ruine. Ces pauvres dans la rue qui regardent passer les Mercedes, BMW et autres Maserati. Ce chien mort, qui se laisse bouffer par les insectes.
Et puis cette religieuse, en fond de cinéma art-déco. Ces arbres qui ont soiffent, ces fous qui lavent la rue Garibaldi à grand jets d’eau. Ces places publiques, clôturées, voir barricadées. Et puis moi, blanc comme neige sous un soleil en feu, le sac lourd sur le dos, le vent au visage. Les pensées ailleurs.
J’atteint rapidement la Piazza Umberto, où je lance poliment mes salutations à cette façade baroque malade et ceinturée de remparts métalliques. Je prend le temps d’arrêter au bar Navarria, le meilleur en ville dit-on, pour savourer un dernier caffè. Onpouvait déjà voir un bar à cet angle sur les cartes postales du 19e siècle, sur une rue à peu près identique, accommodant les mêmes clients aux visages longs, à la barbe élégante.
Cette foule me regarde boire lentement le meilleur café en ville, le grand sac noir posé à mes pieds. Je suis un peu triste; ces gens sont entourés de leurs frères et sœurs, amis, paroisses. Ils sont nourris par le peuple qu’ils nourrissent à leur tour. Ces un mécanisme complexe où chacun prend sa place, à défaut de quoi la machine ne fonctionne pas, et chacun accepte que la place en haut de la pyramide est limitée. Pourvu que le soleil rayonne, que la mer ronronne, que les matchs de foot raisonnent. Le café sera toujours aussi noir, les oranges sucrées. S’ils ont tout ca, c’est que Dieu veille sur eux. Et si rien ne change, c’est pour le mieux.
Tout bouger pour que rien ne change.
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March 8th, 2011

Je suis assis tranquillement sur ma terrasse, les yeux fixer sur ce paysage qui ne bouge pas. Aussi, rien ne se passe sous mes pieds, trente mètres plus bas. Le calme plat; il est 13h04, c’est normal, tout le monde fait la sieste. Sauf moi, qui n’arrive toujours pas à dormir. Il y à toujours ce vieux qui supporte un mur, cette femme qui fume. Ce chien, qui est mort et qui pu jusqu’ici.
Je termine ce gribouillage, petit croquis de ma pauvre personne, assis mollement dans la nudité de son appartement.
Je rentre quelques instants, décidé à faire un rapide ménage de mon studio : poussière sur mes quelques meubles, vaisselle qui s’entasse dans l’évier depuis quatre jours, balais, vadrouille, et puis toilette qui décidément est crasseuse. Je suis devenu dégueulasse. Par contre, je ne nettoie pas le bain, ca me fatigue.
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March 4th, 2011

Solitudine sulla piazza, Lentini
Le 1er mars m’arrive comme une brique qui tombe de ma propre tour de Babel.
Il y a un problème : si je veux obtenir ma carte d’accès, je dois présenter mon dossier criminel aux offices de sécurité, à Sigonella. Si je ne le présente pas, l’armée m’avise que je n’aurai strictement pas accès à la base militaire et puis, pas question d’y travailler, aucune exception étant envisageable. Salvo prétend qu’il n’était pas au courant de cette mesure, et bien sur personne n’a été capable de m’aviser lorsque j’étais encore à Montréal.
Stresser, je téléphone à Ottawa, à l’ambassade, à la SQ. Tous ont la même réponse : une fois à l’étranger, je dois m’adresser à la police canadienne fédérale.
Une fois jointe, une voix robotisée m’interpelle. Malheureusement pour moi, il y a un retard considérable dans la délivrance des dossiers criminels. Par ailleurs, cette requête particulière et individualisée doit suivre un processus aseptisé. Je dois faire parvenir mes empruntes digitales, dûment authentifiées par le service de police régional. Par la suite, ils traiteront ma demande et si tous se passe bien, je recevrai le document en Sicile d’ici six mois.
J’ai la tête qui tourne. La pluie recommence de plus belle, tandis que je suis assis, au pied de ma fenêtre, la tête encore posée sur ce téléphone portable, acheté à la hâte en arrivant ici à Lentini.
J’attrape par la manche mon imperméable et descend en quatrième vitesse ces paliers sans fin. Je me retrouve en pleine rue, seul comme un chien, et je marche d’un pas décider sans savoir où je vais. J’ai les jambes molles, mais le pas rapide.
Le pluie est forte, je sens couler l’eau sur mes joues, dans mon col, le long de mon dos.
J’ai la gorge qui devient sec. Le nez qui coule. La tête qui frissonne.
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