In Sicily, Between Now and Eternity / 1
Je me retrouve à nouveau coincé dans un avion sordide d’une quelquonce compagnie italienne destinée aux voyageurs pauvres.
Rien à redire sur Meridiana Airline, sauf que je constate que la porte du pilote n’est pas fermée, que la communication interne demeure inexistante, que le personnel semble légèrement affolé et que je pourrais aisément jouer au terroriste. Peut être aussi que je suis paranoïaque.
J’ai des sueurs froides et des vertiges. Malheureusement, je n’ai rien à boire ni à manger. Je ne veux pas allonger l’argent qui pourrait combler mon angoisse. C’est ce qui arrive lorsque l’on voyage pauvrement.
A titre de divertissement, je feuillette sans grande attention les maigres revues où pullule la publicité de mauvais gout destinée aux touristes sans personnalité.
Je parcours la notice de sécurité, ne comprend rien aux ridicules schémas présentés. Je tousse, discrètement, trop paresseux pour aller jusqu’à la seule toilette de l’avion.
Pas de film, pas de musique. L’anxiété m’envahit.
Au bout de deux heures à suer froidement, lors du bref trajet Roma-Catania, je commence à percevoir des petites lumières qui semblent embrasser la cote et éventuellement, s’agglutiner contre les parois de ce que je devine être une montagne large et éternellement longue. Puis les lumières se multiplient et ce que j’ai cru pour Catania était en fait Messina, puisque vient ensuite la grande région catanaise et sa couronne égrainée en altitude.
Vers 23h00, accueillit par une pluie forte et droite, je retrouve l’aéroport moderne, qui m’a surpris lors d’un trop bref passage à Catania, il y à deux années déjà. À la sortie, je rencontre Salvo d’Antoni, cet homme grand et gros qui doit me ramasser et qui me promet un travail. Il porte un carton affichant mon nom. C’est doucement cliché, je me sens important. aussi, il est venu avec une de ses filles, maigre comme un bambou, le nez en relief. Elle a ce petit quelque chose d’exotique, d’arabe, d’excitant.




