February 27th, 2013

La ville à l’échelle animale

Friend of man.

Bobo-Dioulasso. Photo : Matthew Bradley

Il est commun maintenant de dire d’une ville qu’elle est à l’échelle humaine. Il s’agit plutôt d’un compliment, généralement, mais a-t-on déjà vu une ville à l’échelle animale ?

Je réponds oui, et j’y ai vécu un court instant. Il s’agit de Bobo-Dioulasso, une ville du Burkina Faso, petite en terme de population, environ 500 000, mais élastique en terme de distance. Comme les bâtiments sont pour la plupart courts sur pattes, rarement deux étages, exceptionnellement trois étages ou plus, les distances s’étirent. D’ailleurs dit-on, peu de Bobolais marchent leur ville, préférant le vélo, la moto et exceptionnellement l’auto. Le curieux réalise rapidement que c’est faux et que plusieurs de ces citoyens n’ont d’autres choix que d’user leurs sandales sur l’ocre et le goudron.

Ici la ville se marie à la campagne : l’urbain n’est pas certain de son identité. Du reste, comme le Burkinabé en général est massivement campagnard, on s’étonne moins qu’il amène sa campagne en ville. D’abord, sauf exception des grandes avenues, la plupart des routes sont en terre. Ensuite, il n’est pas nécessaire de faciliter la vie aux visiteurs par des repères clairs basés sur les bonnes pratiques en matière de circulation routière et donc comme à la campagne, les points de références visuels sont les seuls aides (pont, courbe, mosquée, gare, rond-point, maquis, etc.). Et enfin, rare sont les Bobolais capables de lire une carte, donc inutile de prendre se raccourci.

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October 26th, 2012

Vie napolitani

Posted in Europe by Daniel Corbeil

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Piazza San Domenico Maggiore, au coeur du dédale du vieux coeur greco-romain napoliain.

Assis à la terrasse du Gran Caffè Napolis, un mouvement soudain de vie me surprend par son intensité. C’est vrai que les cloches sonnent l’arrivée de la longue pause de la mi-journée.

De nombreux ménestrels nouveau genre envahissent un bon cinquième de la place et chantent une sorte de trame sonore vaguement inspirée par les différentes cultures qui ont tour à tour choisies de faire de Napoli leur capitale. Et ils sont nombreux à avoir rêver de posséder la baie légendaire, des grecs aux bourdons d’Espagne, en passant par les romains et les normands. Même Napoléon a savourer les lumières de Campanie. De toutes ces cultures, je crois que la cité est demeurer la Neapolis héllénistique de ses origines.

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October 26th, 2012

Séjourner à Napoli

Posted in Europe by Daniel Corbeil

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Il est très tôt encore, le matin du septième jour, alors que j’écris à la hâte ces quelques lignes trop diffuses sur cette cité si complexe. Pourtant, j’en suis à mon cinquième séjour en autant d’années.

Napoli, le nom évoque la mer, le volcan, les mioches qui trainent la rue dans Montecalvario. Une cité qu’on apprend, au fur que les jours passent et que les découvertes s’accumulent, à désirer. Et puis, alors que l’on quitte une des nombreuses ruines de la baie, au détour d’une falaise qui projette le regard loin dans cette mer turquoise, l’on se prend de nostalgie pour ces visiteurs des siècles derniers. Le concept même du voyage n’est-il pas ce qui à survécu du Grand tour que ces nobles anglais et allemands accomplissaient afin de parfaire leur éducation intellectuelle et sexuelle ?

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October 19th, 2012

Morning Coffee: Caffè Elena, Torino

Posted in Europe, Interior Space by Daniel Corbeil

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Marchant dans les pas de Mark Twain, Nietzsche et bien d’autres, je parcours Turin, longeant d’un rythme paresseux ces rues longues et rectilignes, encadrées d’arcades si émouvantes de par leur charme démodés et franchement surannées.

Je trouve quelques chemises, dans une de ces nouvelles boutiques qui pullulent de plus en plus, jouxtant de vieilles échoppes aux façades noircies.

J’entends les pas qui résonnent, amplifiés mille fois par ces voutes qui me surplombent : l’Italie est une patrie où l’élégance est digne d’une dramaturgie grecque.

La perspective bute soudainement sur une vaste place qui forme une sorte de demi-lune étirée sur la longueur. Puis je devine le serpent d’eau que forme la Po, écrasée sous la masse informe des collines alpines. Un pont et une église ronde un peu pompeuse.

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February 24th, 2012

La dignité d’un Portugal en tutelle

Posted in Europe, Politics, Society and Culture by Daniel Corbeil

Chronique d’un court séjour au Portugal, sur fond de crise économique…

C’est dimanche, mi-février 2012. Comme les quelques touristes perdus dans une Lisbonne hivernale, je profite de la journée pour aller visiter Belem et son fameux monastère. Débarquant à la station Cais-do-Sodré, je découvre cette marée humaine qui domine les rues, les monuments, les rails. Impossible de parvenir à Belem, et j’en profite pour faire le tour de cette scène et essayer de comprendre ce qui se passe.

C’est que les lisboètes, comme biens d’autres, ont un ras le bol des mesures d’austérité décrétées par le nouveau gouvernement en place. C’est vrai que depuis ma dernière visite, début 2006, les prix ont explosé. Certainement, une taxe de 23 % sur la restauration n’aide en rien et nombre de petits bistros n’arrivent tout simplement plus à survivre.

Malgré tout, c’est dans une ambiance bon enfant et dans le plus sincère respect que plus de 100 000 portugais sont descendus dans les rues de la Baixa, cet ancien quartier commercial dessiné par Pombal suite à 1755, et emplis la très vaste place du commerce, en front de “mer”.

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October 16th, 2011

Rome, cité envoutante…

Posted in Europe, Public Space, Society and Culture by Daniel Corbeil

Erasmus, Giardino degli aranci, Roma

Les matins se succèdent à un rythme soutenu et déjà depuis une semaine je suis ici sans pouvoir prétendre comprendre ni saisir l’essentiel d’une ville tentaculaire. J’ai parcouru, à la marche, en métro, en tram, en voiture et en bus ces milliers de kilomètres de rues parfois monumentales, parfois disparates, sans trouver le fil conducteur d’une cité devenue immense par son histoire plusieurs fois millénaire.

Et toujours, le véritable essence de Rome se défile alors que je pensais la saisir, pointer le réel, stabiliser une lecture de cette métropole folle et amoureuse. Et pourtant les adjectifs se multiplies : Rome l’éternelle, la ville aux milles églises, la cité antique autour d’une chaotique mégapole du 21e siècle. Le beau, le laid. La ruine d’Auguste, le fascisme de Mussolini, l’avenir présenté par Odile Decq.

Et rien n’est jamais vrai ni si juste dans mes mots que le portrait que je dresse de Rome est balayé par le vent de la mer.

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October 9th, 2011

Lido di Ostia – ruine, fantasme et nostalgie

Posted in Art and Design, Europe, History by Daniel Corbeil

Renato Guttuso, Spiaggia, 1955-1956

J’embarquai dès le matin dans ce fantasme au bord de la Mer de Rome et qui traine toujours avec moi, comme un paysage qui me harcèle.

Ce n’est qu’un paysage, une carte postale tragiquement exotique – et qui me fit revenir en mémoire avec force l’oeuvre Spiaggia de Guttuso, le peintre sicilien mort à Rome. Seulement un panorama, de ruines et de routes ceinturées par ces pins parasols, et qui, tel les bras du Tibre, se jettent dans la mer azure qui borde la cité de Rome et son antique port d’Ostia.

On commence par prendre ce train, à la Basilique San Paolo, et qui nous mène au travers des banlieues pavillonnaires jusqu’à ces paysages de la campagne romaine. Nous ne sommes pas encore à la mer, que déjà nous accroche le Quartier Euro et où le souvenir du fascisme nous domine et crée cette étrange amertume d’une époque que pourtant je n’ai pas connu, mais qui me fascine comme tout architecte cherche à comprendre cet homme nouveau que le modernisme souhaitait façonner. La Rome nouvelle et le romain moderne imaginés par Mussolini. Cet échec d’une recherche de la perfection, idéologique.

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October 7th, 2011

Morning Coffee: Caffè Portofino, Roma

Posted in Europe by Daniel Corbeil

Via Cola di Rienzo, Roma, iPhone snapshot, Octobre 2011

Il me semble que rien ne frappe d’aplomb comme le soleil et la vitalité romaine. Et spécialement au départ de Paris, ville qui se cherche une définition, alternant entre la bourgeoise snobinarde et faussement moderne et la bohème pathétique et incohérente, formant une armée de poètes et penseurs qui, cigarette appuyée mollement au bec, s’attaquent farouchement à un système capitaliste que pourtant ils façonnent eux-mêmes et encouragent à chaque instant de leur vie. L’esprit de contradiction !

Je suis arrivé sur Roma ce matin, après une nuit folle passée à errer entre la colère et l’épuisement. Hier, un contrôleur français s’est fait attaqué près de Dijon. Cet horrible évènement – ce qui semblerait complètement farfelue en Amérique – poussa l’ensemble des contrôleurs à user – abusivement il me semble – de leur droit de retrait, faisant des centaines de milliers d’otages – ces clients dont j’étais – prient sur les quais bétonnés de Paris. Et laissez-moi vous dire que de trouver un avion à la dernière minute n’est ni facile ni agréable dans cette cité où l’internet ne se trouve pas à chaque coin de rue, comme à New York ou Montréal.

C’est avec le souvenir – et force de croire quelques courbatures – de la nuit passée justement entre deux fauteuils à l’aéroport d’Orly, que je savoure ce caffè si mérité à la terrasse de ce bar d’une grande via du quartier où j’habite l’instant précieux d’un moment.

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September 29th, 2011

Réaménager la ville avec de simples idées : Petite Italie, Montréal

Posted in Art and Design, Canada, Public Space by Daniel Corbeil

Alors que les débats sont parfois lourds dans l’administration municipale lorsque vient le moment de voter des budgets d’aménagement, l’on constate qu’en quelques années, Montréal a réussi à altérer l’image de plusieurs de ses rues commerciales avec des idées simples et peu dispendieuses.

Après avoir passé les derniers mois à débattre et à préparer des projets de réaménagement de l’espace urbain et des rues de Montréal, nous avons constaté que trois éléments ont eu un impact réel sur la qualité de nos rues, à savoir l’implantation de terrasses sur les trottoirs (qui créées des milieux de vie animés), la multiplication des plantes et autres éléments de végétalisation de l’emprise (la plupart des éléments étant temporaires et versatiles) ainsi que le changement culturel chez les montréalais, à savoir le raisonnement selon lequel désormais on ne peut plus accepter que la rue soit un simple axe de circulation des biens et personnes.

Ici quelques exemples de la rue Dante, qui semble désormais un petit jardin en pleine ville et où les terrasses et plantes rappellent finalement la douceur de la Méditerranée…

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April 10th, 2011

In Sicily, Between Now and Eternity / 9

Posted in Europe, Society and Culture by Daniel Corbeil

Vie di Ortigia, Siracusa

Après mon passage à San Giovanni alle Catacombe, j’explore la zone, repère quelques commerces où je peux faire mes courses. Et puis je m’arrête dans un bar, histoire d’apprécier un caffè en ce milieu d’après-midi chargé par la chaleur. Il n’est pas difficile de trouver une bonne place, un bistro pointant à chaque vingt mètres. Avec la densité des tours, des milliers de gens doivent bien vivre ici, à Neapolis.

D’ailleurs, alors que je m’apprête à reprendre la route, le brouhaha des voitures, des passants et des criards se fait sentir avec intensité. C’est vrai que la pause du déjeuner vient de terminer et que chacun se retrouve dans son va-et-vient routinier et nonchalant. Sauf moi, qui n’a certainement pas le plaisir d’obéir à une routine, de respecter un horaire. D’avoir ne serait-ce qu’une raison pour me mouvoir.

Je décide malgré tout de descendre enfin vers la vieille ville. Tout d’abords, je me trouve à traverser ces quartiers toujours aussi denses, mais dont les maisons s’écrasent de plus en plus, parfois n’ayant qu’un seul étage. À l’occasion, elles ressemblent presque à des entrepôts, tant leurs façades sont minimalistes, si ce n’était d’une frise élégante ou d’une porte légèrement ouvragée. Un baroque pour les pauvres, j’imagine.

Et puis soudainement la ville reprend sa forme monumentale, à Umbertina, et on devine une époque où ces rues étaient plus chics, plus roses. Comme une longue prose, dont la beauté éternelle est assourdie par le passage du temps. Et puis, ces couleurs, lavées par il me semble par une pluie forte et longue, au travers des trois derniers siècles. Puisque Siracusa fêtera bientôt ses trois millénaires d’histoire, ces ilots de vieillesse n’en sont pourtant qu’un témoignage récent.

Voilà ce pont à franchir : de l’autre côté, se découvre enfin Ortigia.

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March 23rd, 2011

In Sicily, Between Now and Eternity / 8

Posted in Europe, Society and Culture by Daniel Corbeil

J’apprend que j’ai atteint, au crépuscule de cette épuisante journée à longer le fleuve Anapo et cette route qui serpente à ses côtés, la cité de Belvedere, qui culmine au sommet d’une colline et dévoile un large panorama de la Sicile orientale. Déjà, le cours d’eau historique disparait au loin vers le rivage, devenant par moment une simple coulée puis un large ruisseau, pour finalement se jeter dans la mer, non sans offrir aux yeux des riverains le spectacle des plants de papyrus, les derniers d’Europe dit-on par ici.

Et puis cet îlot que je vois à la limite de mon horizon, assis sur une mer azure, est bel et bien Ortigia, coeur historique de Siracusa, où j’ai l’espoir de trouver un débouché à ma situation si précaire.

Je cherche désespérément où passer cette nuit à venir, tant mes jambes me font mal.

Il y a ce bar, à la sortie de la cité, dans lequel j’entre et consomme sobrement un petit café amer dilué par une mousse épaisse. Il est un peu passé vingt heures et l’unique autre client est un vieillard mal habillé, au pentalon taché de rouille. Un fermier. Le barrista, petit et gros, me dévisage un peu en épongant le petit comptoir de bois. Je suis arrivé dans un village de fous furieux. Cette nuit, on me prendra vraisemblablement par le califourchon, on me goudonnera et puis on me plumera avec des restes de poulets.

Amer, je reprend chemin le long de la via Siracusa et après une vingtaine de minutes, je prend une traverse et bute sur une colline où s’étire la forme d’une vieille forteresse, qui semble antique. Une espèce de château, d’où partent des murs de pierres en direction de la mer. L’affiche informative annonce le Castello Eurialo.

C’est à l’abri de ces ruines que je décide de passer la nuit.

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March 16th, 2011

In Sicily, Between Now and Eternity / 7

Posted in Europe, Society and Culture by Daniel Corbeil

Vista di Carlentini con l’Etna

Je suis assis maladroitement dans ce lourd camion et rigole avec Alessandro qui a eu très peur de m’aplatir. Du haut de son corps gigantesque et large, il impose sa présence comme un orage en été. D’ailleurs, son rire grave me rappel le tonnerre.

Derrière nous, une cargaison composée de caisses d’oranges de Lentini. Alessandro est livreur, camionneur, et travail fièrement à son propre profit. Depuis des générations, sa famille entretient une campagne sur les collines lentinoises : son grand- père a même participer aux fouilles archéologiques des années 1950, gardant pour lui quelques trouvailles antiques. Rien ne m’étonne, chaque famille sicilienne semblant conserver des morceaux de la Mania Grecia, la Grande Grèce, aux cotés d’une pierre volcanique de l’Etna, tout en cuisinant des plats d’inspiration arabo-normands et s’offrant l’exubérance d’une décoration baroque.

Le cocktail sicilien.

Il me propose de me déposer à Sortino, sa prochaine étape. Si je lui donne un coup de main, il me paiera volontiers. Aussi, si je le souhaite, je peux l’accompagner jusqu’à Palazzolo Acreide, Buscemi ou Scicli, prochaines étapes de sa distribution. Toutes des villes dont j’ignore la localisation, le propos et les attraits.

Alessandro est un homme curieux et qui s’informe sur mes origines et ce qu’il nomme le style de vie nordique. D’ailleurs, il démontre une grande ouverture d’esprit et m’explique fièrement qu’il a une tante à Toronto et une autre à New York. Les siciliens sont partout.

Nous empruntons un chemin tortueux, comme toutes les routes qui serpentent autour de Lentini. Bientôt, la ville n’est plus qu’un vague souvenir où flotte le parfum des agrumes. Partout ces sommets rocheux où poussent des parcelles de vie, des fleurs dans la pierre. Les campagnes et les fermes se distribuent largement aux pieds et sur le corps de ces parois massives. Ici et là, des maisons en ruine, abandonnées ainsi, parfois intactes comme si leurs occupants venaient à peine de disparaitre.

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March 10th, 2011

In Sicily, Between Now and Eternity / 6

Posted in Europe, Society and Culture by Daniel Corbeil

Traversant Lentini pour une dernière fois, je constate à quel point elle peut être un mélange explosif où les contraires se voisinent et se méprisent. Quelques constructions d’allure moderne au milieu d’une foret de pierres, en ruine. Ces pauvres dans la rue qui regardent passer les Mercedes, BMW et autres Maserati. Ce chien mort, qui se laisse bouffer par les insectes.

Et puis cette religieuse, en fond de cinéma art-déco. Ces arbres qui ont soiffent, ces fous qui lavent la rue Garibaldi à grand jets d’eau. Ces places publiques, clôturées, voir barricadées. Et puis moi, blanc comme neige sous un soleil en feu, le sac lourd sur le dos, le vent au visage. Les pensées ailleurs.

J’atteint rapidement la Piazza Umberto, où je lance poliment mes salutations à cette façade baroque malade et ceinturée de remparts métalliques. Je prend le temps d’arrêter au bar Navarria, le meilleur en ville dit-on, pour savourer un dernier caffè. Onpouvait déjà voir un bar à cet angle sur les cartes postales du 19e siècle, sur une rue à peu près identique, accommodant les mêmes clients aux visages longs, à la barbe élégante.

Cette foule me regarde boire lentement le meilleur café en ville, le grand sac noir posé à mes pieds. Je suis un peu triste; ces gens sont entourés de leurs frères et sœurs, amis, paroisses. Ils sont nourris par le peuple qu’ils nourrissent à leur tour. Ces un mécanisme complexe où chacun prend sa place, à défaut de quoi la machine ne fonctionne pas, et chacun accepte que la place en haut de la pyramide est limitée. Pourvu que le soleil rayonne, que la mer ronronne, que les matchs de foot raisonnent. Le café sera toujours aussi noir, les oranges sucrées. S’ils ont tout ca, c’est que Dieu veille sur eux. Et si rien ne change, c’est pour le mieux.

Tout bouger pour que rien ne change.

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March 8th, 2011

In Sicily, Between Now and Eternity / 5

Posted in Europe, Society and Culture by Daniel Corbeil

Je suis assis tranquillement sur ma terrasse, les yeux fixer sur ce paysage qui ne bouge pas. Aussi, rien ne se passe sous mes pieds, trente mètres plus bas. Le calme plat; il est 13h04, c’est normal, tout le monde fait la sieste. Sauf moi, qui n’arrive toujours pas à dormir. Il y à toujours ce vieux qui supporte un mur, cette femme qui fume. Ce chien, qui est mort et qui pu jusqu’ici.

Je termine ce gribouillage, petit croquis de ma pauvre personne, assis mollement dans la nudité de son appartement.

Je rentre quelques instants, décidé à faire un rapide ménage de mon studio : poussière sur mes quelques meubles, vaisselle qui s’entasse dans l’évier depuis quatre jours, balais, vadrouille, et puis toilette qui décidément est crasseuse. Je suis devenu dégueulasse. Par contre, je ne nettoie pas le bain, ca me fatigue.

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